De l'importance de la documentation dans les formats ouverts
On a beaucoup glosé (et on le fait encore) sur les 6000 pages de la documentation d'openXML. Cela peut en effet sembler beaucoup - les mauvaises langues suggèrant que l'ECMA (et Microsoft - on voit toujours le diable de Redmond partout - c'est sa nature même de diable qui le veut...
) a multiplier ces pages (comme les pains pour d'autres à une certaine époque) pour noyer le pauvre développeur voulant utiliser ce format.
Fantasme ou réalité ? D'une manière générale, il convient tout de même de remarquer qu'il vaut mieux une norme documentée et précise si on veut s'assurer de l'interopérabilité entre les différentes suites logicielles.
C'est ce que nous rappelle fort opportunément Le blog de Néodante en se basant sur un test (a priori indépendant) qui a comparé l'implémentation de la norme ODF par openOffice et KOffice. Et le résulat (que l'on peut trouver sur le site http://testsuite.opendocumentfellowship.org ), laisse pour le moins rêveur :

En résumé, ni openOffice, ni Koffice n'implémente correctement la norme ODF. Qu'en conclure ? Que les développeurs sont mauvais ? Qu'il y a une stratégie cachée derrière ces implémentations partielles ?
Foin de paranoïa et tirons-en les leçons simplement : plus un format est documenté et précis, mieux il peut être implémenté. Plus un format laisse des zones d'interprétation, plus les développeurs l'implémenteront de manière incompatible (et pas seulement parce qu'ils font preuve de mauvaise volonté). Finalement, en voulant avancer rapidement autour d'une norme "simplifiée", ODF semble s'être tiré une balle dans le pied. Ce qui explique certainement que la norme bénéficie aujourd'hui de travaux complémentaires pour la compléter (et rejoindre les 6000 pages de documentation ?).
J'enfonce des portes ouvertes ? Peut-être, mais c'est certainement une vérité à rappeler lorsque, en France, la Direction Générale pour la Modernisation de l'Etat (DGME) entend favoriser l'interopérabilité des systèmes d'information de l'Etat et des collectivités locales, en ayant recours exclusivement à des normes certes "ouvertes" mais plus ou moins documentées. En fait d'interopérabilité, on risque surtour d'obtenir une belle cacophonie (et du boulot en perspective pour les consultants).
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